E. Ionesco – La cantatrice chauve

Voici un livre qui mérite que j’en fasse une chronique bien spéciale, même s’il est paru il y a plus de 30 ans.


la-cantatrice-chauve La cantatrice chauve est une pièce très facile à lire, même pour les débutants. Sous sa forme amusante – pièce de théâtre sans queue ni tête, Ionesco bouscule les règles et réinvente une nouvelle forme du théâtre. Son apparition a marqué le début du « théâtre de l’absurde », nommé également « anti-théâtre » ou « nouveau théâtre ».


Résumer la pièce est une chose presque impossible, tellement l’absurde est omniprésent. Les Smith reçoivent les Martin. Ceux-ci découvrent qu΄ils ont les mêmes souvenirs, qu’ils habitent la même rue, le même appartement et  qu’ils dorment dans la même chambre, bref, qu΄ils sont mari et femme. Puis, les deux familles racontent des histoires avec le capitaine des pompiers venu leur rendre visite. Il n’y a pas de véritable progression dramatique, les personnages, au nombre de six, sont entraînés dans des dialogues sans logique, sans argument et à la fin sans réel locuteur. La pièce s’achève sur l’esquisse d’une reprise, les Smith et les Martin changeant de rôles.


Je vous conseille ce livre pour les personages sans personnalité, parfois même sans identité véritable (les Watson, dont parlent les Smith, ont tous le même prénom), pour le mécanisme verbal qui fonctionne seul : ”L`automobile va très vite, mais la cuisinière prépare mieux les plats”, ou bien ”Le maître d`école apprend à lire aux enfants, mais le chat allaite ses petits quand ils sont petits”. Je vous propose aussi de porter votre attention par exemple à la pendule anglaise”, qui sonne sans arrêt les heures les plus drôles et bizarres : elle sonne dix-sept heures et Mme Smith annonce Tiens, il est neuf heures”, puis elle frappe sept fois, cinq fois, aucune fois ou vingt-neuf fois ; ou bien, au capitaine des pompiers qui part parce que ” dans trois quarts d`heure et seize minutes exactement, j`ai un incendie à l`autre bout de la ville”.


Même le titre n`a pas de sens par rapport à la pièce. C`est, encore une fois, le refus d’un théâtre miroir du réel : absente de la scène, la cantatrice n’est qu’un être de langage, chauve de surcroît.


En résumé, il s’agit d’un bon livre qui met à jour le néant des êtres et de notre quotidien, et qui réussira à vous faire sourire en plusieurs occasions.

Au CDI vous trouverez aussi La leçon et Les Rhinocéros du même auteur.

Gabriela Zota

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25 février 2009. Étiquettes : , , , , , . chronique de la semaine.

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